Qu'est-ce que la fraude au faux RIB ?
La fraude au faux RIB consiste à faire croire à une entreprise qu'un fournisseur, un prestataire ou un client a changé de coordonnées bancaires. Les paiements suivants partent alors sur un compte contrôlé par le fraudeur. On parle aussi de fraude au changement de RIB ou de fraude au faux fournisseur.
Elle est redoutable parce que tout le reste est vrai : la facture existe, le montant est juste, le fournisseur est bien un partenaire habituel. Seul le compte de destination change.
Comment se déroule l'arnaque
- Le repérage. Le fraudeur identifie vos fournisseurs et vos interlocuteurs grâce à votre site, aux réseaux sociaux, aux appels d'offres publics ou, plus souvent, en piratant la messagerie d'un fournisseur ou de votre propre entreprise.
- La demande. Il envoie un message annonçant de nouvelles coordonnées bancaires, souvent avec un RIB sur papier à en-tête, au moment où une facture est attendue. Le mail vient d'une adresse presque identique, ou de la vraie adresse du fournisseur si elle a été piratée.
- La pression. Une relance arrive : retard de paiement, pénalités, livraison bloquée. L'objectif est que le paiement parte sans vérification.
- La découverte. Souvent plusieurs semaines plus tard, quand le vrai fournisseur réclame une facture qu'il n'a jamais reçue. L'argent est alors difficile à récupérer.
Les signaux d'alerte
- Un changement de RIB annoncé par mail, sans échange préalable.
- Une adresse d'expéditeur légèrement différente : une lettre en plus, un tiret, un domaine en .co ou .net au lieu de .fr.
- Une banque ou un pays de compte inhabituels pour ce fournisseur.
- Une urgence inhabituelle, ou une demande de ne pas utiliser « l'ancien RIB clôturé ».
- Un interlocuteur injoignable au téléphone, ou qui propose lui-même un numéro pour « confirmer ».
Attention : si la messagerie du fournisseur a été piratée, le mail vient de sa vraie adresse et reprend un échange existant. Aucun indice visuel ne permet alors de le détecter. Seule la vérification par un autre canal protège.
La règle qui bloque la plupart des tentatives
Tout changement de coordonnées bancaires doit être confirmé par téléphone, à un numéro que vous connaissiez déjà : celui du contrat, d'une ancienne facture ou de votre fichier fournisseurs. Jamais celui indiqué dans le message qui annonce le changement.
Pour que cette règle tienne dans la durée, elle doit être écrite et connue de tous :
- Une procédure de validation des virements, validée par la direction.
- Une double validation au-delà d'un montant défini.
- Un délai de sécurité entre la modification d'un RIB dans votre logiciel et le premier paiement.
- La traçabilité de la vérification : qui a appelé, quand, à quel numéro.
Depuis octobre 2025, les banques de la zone euro doivent proposer une vérification de la concordance entre le nom du bénéficiaire et l'IBAN pour les virements en euros. C'est une aide utile, mais pas une garantie : un fraudeur peut ouvrir un compte à un nom proche de celui de votre fournisseur. La vérification humaine reste indispensable.
Que faire si le virement est déjà parti
Chaque heure compte. Dans l'ordre :
- Appelez immédiatement votre banque pour demander le rappel ou le blocage des fonds. Plus la demande est rapide, plus les chances de récupération sont élevées.
- Conservez toutes les preuves : mails avec leurs en-têtes, RIB reçu, ordre de virement, relevés.
- Portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, et signalez l'incident sur Cybermalveillance.gouv.fr.
- Prévenez le vrai fournisseur par téléphone : sa messagerie est peut-être piratée et d'autres clients sont exposés.
- Si votre propre messagerie est en cause, changez les mots de passe et activez la double authentification.